Chaque promotion de BTSA Aménagements Paysagers du LEAP Kerplouz LaSalle d’Auray (56) est amenée à réaliser un voyage d’étude à la fois culturel et professionnel en cours de formation. Il offre la possibilité aux étudiants de vivre une semaine intense pour le renforcement de la dynamique de groupe classe et l’acquisition de connaissances.
Après une journée d’immersion à Marrakech et la visite des principaux sites, sous la conduite Guy Toureaux : la Medersa, la Ménara, palais de la Bahia, les jardins de la Koutoubia et le parc El Harti, une conférence d’Azzedine Amine de l’agence urbaine de Marrakech a donné du sens au développement de la ville et a mis en évidence les problématiques liées à la politique urbaine du bassin de Marrakech.
Le schéma directeur du développement urbain s’appuie sur une logique de développement durable avec les contraintes d’une pression immobilière forte. La recherche d’un équilibre au niveau social, économique et écologique est une préoccupation constante des décideurs.
Développement urbain et préservation de l’environnement, voilà deux thématiques fortes mises en avant lors de la visite de la palmeraie de Marrakech.
Abdelilah Meddish, ingénieur chargé de la direction des espaces verts et naturels de la ville de Marrakech, gère le programme de sauvegarde et de mise en valeur de la palmeraie. Leur étude permet de mieux appréhender leurs exigences et ainsi de comprendre le plan de gestion mis en place.
A terme la palmeraie, en plus de sa valeur patrimoniale, sera un vaste espace boisé à la périphérie de la ville grâce au plan de reboisement qui a été instauré (430 000 palmiers).
Le développement de l’urbanisation sera ainsi sous contrôle.
Cette visite a confirmé qu’une volonté politique de préservation du patrimoine permet de déclencher un processus.
Cette sauvegarde n’est pas pour autant assurée, elle est aléatoire car il faut gérer la problématique de l’eau. La visite du golf de la « Palmeraie Golf Palace » a servi d’exemple sur le sujet.
Comment garantir, en milieu aride, la gestion d’un golf et donc le maintien d’une aire de jeux de qualité pour des joueurs exigeants ?
Ce point a été abordé avec Mohamed Samat, Responsable d’une équipe de trente jardiniers et mécaniciens, il doit adapter le terrain et mettre en place un plan de gestion rigoureux afin de garantir l’utilisation du golf toute l’année.
La gestion de l’irrigation et la croissance des graminées dans un sol saturé en sel exigent une surveillance constante. Dans la mesure où les golfs sont de gros consommateurs, l’Agence urbaine de l’eau met un place un programme d’utilisation des eaux résiduelles des stations de traitement des eaux, l’objectif étant d’éviter l’épuisement des nappes.
Une journée avec les responsables de l’Agence de Bassin Hydraulique du Tensift, Mohamed El Hassan Aresmouk et Saïd Maataoui, a permis aux étudiants de comprendre le circuit de l’eau tant pour la consommation humaine que pour l’agriculture. Durant le parcours, de Marrakech au barrage de Lala Takerkoust, il a été noté l’aridité des paysages et la difficulté de développer une agriculture sans irrigation.
Le barrage de Lalla Takerkoust mis en service en 1935 puis surélevé en 1960 est une vaste réserve d’eau de 79 millions de m3 connecté à d’autres barrages. Régulièrement il y a des lâchers d’eau permettant l’irrigation des cultures. En acquittant un droit de puisage, les agriculteurs peuvent développer une production, comme celle des grenadiers par exemple et ainsi maintenir une activité économique.
A l’issue de cette visite une rencontre avec le sous préfet de la région, Mohamed Jmila, a été l’occasion de faire le point sur le développement économique d’une région éloignée des grands centres touristiques où la qualité des paysages préservés est un atout et d’appréhender l’approche administrative du pays.
La journée s’est poursuivie avec un représentant de la chambre d’agriculture et la visite d’une exploitation fruitières de 650 hectares : oliviers, orangers, abricotiers..... Les étudiants et leur hôte ont abordé la gestion de l’irrigation et observé les techniques soucieuses de la préservation de la ressource mise en œuvre.
Après la visite du jardin de Majorelle, les étudiants ont découvert celui du Cyber Park avec son concepteur Karim El Achak du Bureau « Associati-Architecte ».
Une présentation de la problématique, l’historique du projet, le rôle des partenaires donnaient ainsi du sens à cet aménagement découvert librement avant la rencontre.
Cet espace, véritable poumon vert pour la ville, est un lieu qui remplit une fonction sociale forte. Les aménagements présents offrent aux usagers, des jeunes et des familles, un espace de vie très convivial. Le partenariat avec Marocco Télécom permet un accès libre au web par des bornes judicieusement installées dans le parc.
Participant au premier séjour au Maroc en 2006, deux anciens étudiants de BTS exercent dans des bureaux d’étude en aménagements paysagers. Ils nous ont fait part de leur vécu et de l’intérêt qu’offre une expérience professionnelle au Maroc. Ils ont la charge du suivi et la gestion des chantiers.
La visite d’un aménagement en cours a permis d’observer les techniques mises en œuvre mais aussi la qualité architecturale des bâtiments.
La visite des pépinières MOB a marqué les esprits par la qualité de la structure et la diversité végétale cultivée. Le chef de culture, passionné de botanique, réalise des essais d’acclimatation, ce qui permet d’offrir ainsi aux paysagistes une palette végétale répondant à la demande des professionnels et d’une clientèle privée. La notion de développement durable s’inscrit dans les modes de gestion des cultures et s’observe sur le terrain avec l’emploi des sacs de terreau ou d’engrais comme contenant de culture et une irrigation localisée de l’ensemble des productions. La production de palmiers en grand sujet se développe, cela pour éviter le pillage des palmeraies existantes.
Pour clore ce voyage très instructif, une journée de Marrakech à Essaouira a permis de réaliser une lecture du paysage et d’observer sa diversité. Enfin, une rencontre au café littéraire de Dar Chérifa avec les acteurs du séjour a permis de dresser un bilan du séjour et de rencontrer Laura Abou Haïdar de l’Institut Culturel Français.
Une suite sera donnée à ce voyage avec un projet d’échange et d’offres de services en fonction des opportunités. Les étudiants disposent désormais d’un cahier d’adresses et d’une liste de partenaires qui ont su être à leur écoute et leur faire découvrir leur savoir faire.
Une participation au festival des jardins de Marrakech avec un volet animation auprès des écoles est une piste à développer.
Ce voyage a pu se réaliser grâce à la mobilisation de plusieurs acteurs :
La forte implication de Guy Toureaux qui a été un relais efficace à Marrakech,
Le soutien de Mme Tebba, doyenne de l’Université de Marrakech, qui a mis les étudiants en contact avec de nombreux partenaires et permis l’intervention de nombreux acteurs.
L’aide financière de la région Bretagne dans le cadre projet KARTA.
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