CNEAP IFEAP TICEUR WEBMAIL
... CNEAP :

Découvrez les vidéos formations sur la chaîne YouTube du CNEAP !

Cap sur le séneçon.. du cap !

Sensibilisation aux méfaits des plantes invasives réussie auprès des élèves de Bac STAV du Lycée Touscayrats

Le séneçon du Cap, plante originaire d’Afrique du Sud est arrivée dans les années trente dans le département du Tarn, plus précisément aux alentours de Mazamet.
A cette époque, le délainage était l’activité principale de Mazamet et les peaux de moutons en provenance d’Australie, d’Argentine et d’Afrique du Sud étaient massivement travaillées dans la vallée de l’Arnette.

C’est dans cette vallée que des graines de séneçon en provenance d’Afrique du Sud ont sans doute été introduites autour des années trente après une opération de lavage ou de façonnage des peaux. Depuis lors, cette plante est présente sur l’ensemble du territoire français et plus particulièrement dans le sud de la France.
  • Quels problèmes pose-t-elle exactement ? 
  • Comment limiter ces problèmes ?
Deux questions auxquelles les élèves de première STAV du Lycée agricole Touscayrats de Verdalle (81) ont cherché à répondre lors d’un travail sur les plantes envahissantes mené en partenariat avec Jérémy Pringault du CPIE des Pays Tarnais
Afin de bien comprendre le fonctionnement de ce type de plantes, Jérémy est intervenu auprès des élèves début juin pour évoquer les traits caractéristiques des espèces invasives, leurs effets, et proposer des possibilités d’actions pour limiter ces effets.

Après ce temps de découverte et de réflexion, il était important de passer à l’action pour bien comprendre les conséquences liées à une présence importante du séneçon du cap dans ce secteur de la Montagne Noire.

C’est alors que Jean-Luc et Eloi Hervé, éleveurs dourgnols proposent aux élèves de constater les effets de l’invasion du séneçon sur les surfaces qu’ils exploitent. Jean-Luc explique : “sur les terrains que nous exploitons et que nous avons remis en pâture, le séneçon s’est développé de façon très importante. Ceci s’explique par le fait qu’après avoir broyé les buissons pour ouvrir le milieu, le sol mis à nu est un terrain propice à l’installation du séneçon. Une fois implanté, il est difficile de s’en débarrasser autrement qu’en l’arrachant manuellement et de façon massive. La plante est nocive pour le bétail et prend la place d’espèces autochtones à forte valeur écologique et fourragère et nous avons besoin de ces espaces pour nourrir nos bêtes. De plus, nous participons, par cette action de pâturage à la conservation de la valeur paysagère et écologique de ces pelouses.”
 
Guidés par les exploitants et impatients d’en découdre, les élèves s’élancent alors à l’assaut du séneçon sur une parcelle située sur les travers de Dourgne. Cette après-midi du 8 juin fut ensoleillée et caniculaire mais elle n’a réfrénée en rien les ardeurs du groupe qui à l’issue du chantier avaient collecté un volume impressionnant de séneçon.
Ce chantier a ravi tous les participants et amené à l’idée qu’il pourrait être reconduit, tant, en matière de plantes invasives la participation citoyenne et collective est utile et nécessaire.
 

Publié le 22 juin 2017