CIRCULAIRE D’ORIENTATION DU 8 AVRIL 2002 RELATIVE A LA MISSION DE FORMATION CONTINUE DES ADULTES
DU SERVICE PUBLIC DE L’ÉDUCATION AU MINISTERE DE L’AGRICULTURE ET DE LA PECHE
Tous les établissements du CNEAP sont invités à prendre connaissance de ce document d’orientation (fichier ci-dessous au format pdf) qui décrit le contexte et les enjeux de « la formation tout au long de la vie » avant de préciser les 6 axes stratégiques affirmés par le ministère de l’agriculture pour la formation continue dans l’enseignement technique et supérieur publics.
Les pistes de développement que le ministère veut promouvoir concernent pour une très large part l’activité des établissements du CNEAP. Aussi, elles doivent pouvoir être prises en compte dans les projets d’établissements et les plans de formation des équipes pédagogiques.
Ce qu’il faut retenir :
1 - Le contexte et les enjeux socio-économiques
Le texte prend acte des transformations qui se sont opérées dans le monde du travail : mutation rapide du contenu et de l’organisation des métiers, exigences de mobilité et de variabilité, aménagement et réduction du temps de travail, usage croissant des NTIC …
L’amélioration générale du niveau d’emploi, jointe à la nécessité de renforcer la qualification des actifs ayant les niveaux les plus faibles, conduit à fixer des objectifs plus qualitatifs que quantitatifs. Cette orientation est renforcée par le fait que les publics ont des profils et des disponibilités en temps de plus en plus hétérogènes.
Dans le champ agricole et agroalimentaire, on doit spécialement prendre en compte : le déficit de main d’œuvre dans certaines activités, la préoccupation des consommateurs en termes de sécurité et de qualité, l’obligation d’entretenir les espaces tout en valorisant les terroirs et en préservant les ressources naturelles.
2 - l’évolution de l’offre de formation en agriculture
L’activité des centres de formation est globalement en stagnation. Certains établissements ont du mal à adapter leur offre aux demandes du marché des entreprises et des collectivités.
La pluriactivité et la multifonctionnalité de l’agriculture imposent de redéfinir les capacités à acquérir et de restructurer les dispositifs de formation dans le sens de la polyvalence. Cela conduit à réaffirmer certaines missions de l’enseignement agricole, comme la participation à l’aménagement du territoire ou l’insertion socioprofessionnelle des personnes.
Enfin, la notion classique de « stage de formation », avec unité de temps et de lieu, est remise en cause. Les publics ayant changé, les formateurs aussi doivent profondément modifier leurs pratiques : plutôt que de proposer systématiquement des sessions collectives, sous la forme de « promotions de stagiaires », il est préférable de suivre des personnes en parcours individuels et de les regrouper dans des modules communs en fonction des objectifs pédagogiques. L’évolution des financements devrait d’ailleurs aller dans ce sens (voir circulaire p. 10).
3 - la stratégie et les priorités du ministère de l’agriculture
Le ministère définit cinq orientations et six axes stratégiques. Chacun de ces derniers est décliné en « objectifs opérationnels » et « actions prioritaires ». Il est important que les chefs d’établissement et leurs équipes prennent le temps de débattre en interne sur l’ensemble de ces lignes d’action. Les CREAP pourront aussi tirer parti de ces orientations pour définir la manière dont elles seront prises en compte dans le cadre d’une stratégie régionale.
C’est la « modernisation de l’offre » qui constitue le principe directeur de cette circulaire. Pour ne citer que quelques une des pistes proposées, on retiendra :
- Construire un dispositif complet de « validation des acquis de l’expérience »- Adapter le système des UC aux évolutions, en partant de l’analyse du travail- Rénover les critères d’habilitation des centres à partir de l’exigence « qualité »
- Mieux articuler les certifications publiques et les qualifications des branches- Identifier de nouveaux contours d’activités en lien avec les autres ministères
- Pouvoir financer des « formations ouvertes individualisées » selon leur coût réel- tester en région des dispositifs intégrés de parcours promotionnels individualisés
- développer les démarches qualité en formation au moyen de la « certification »- expérimenter des procédures de positionnement, capitaliser et diffuser des outils
- structurer la fonction de veille et de prospective sur les qualifications
- développer un plan de communication et un portail Internet spécifiques à la FPC
En conclusion :
Cette circulaire offre des perspectives intéressantes. Du fait de son objet et de son champ d’application, elle met d’abord en avant des directives pour l’appareil public de formation. Cependant, la plupart des thèmes abordés doivent être adaptés par les centres du CNEAP à leur contexte et organisation propres, tant sur le plan local que régional. L’attention des CREAP est ainsi attirée sur la volonté du ministère d’adjoindre un volet « projet régional de formation professionnelle continue » aux PREA (voir circulaire p. 10).
Plus largement, le ministère de l’agriculture entend mettre en pratique les dispositions contenues dans la loi de modernisation sociale. Trois point sont spécialement mis en avant :
le recours généralisé aux méthodes d’ingénierie pour bâtir son offre de formation
le développement des démarches qualité au sein de tout le réseau d’établissements
le renforcement du lien aux entreprises et la réponse aux demandes individuelles.
De tels choix stratégiques gagnent à être appropriés par tous les établissements du CNEAP. Ils laissent en effet entière la possibilité pour les chefs d’établissement et leurs équipes d’y inscrire leurs orientations particulières, d’affirmer leurs valeurs propres et d’établir les partenariats socioprofessionnels justifiés par la réalité locale.
Albert Fandos
Louis Le Lagadec
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